Le 17 avril 1975, les Khmers rouges entrent dans Phnom Penh, la capitale du Cambodge. En quelques jours, la ville est entièrement vidée de ses habitants, contraints de quitter leurs foyers pour être envoyés vers les campagnes dans des conditions brutales. Ce basculement marque le début d’un régime totalitaire qui cherche à profondément transformer le pays en rompant avec les structures urbaines, éducatives et économiques existantes dans le pays.
17 avril 1975, les Khmers rouges entrent à Phnom Penh - Source : Radio France
Une période de violences et de bouleversements au Cambodge
Entre 1975 et 1979, le Cambodge est soumis à un système politique radical qui impose l’abolition des villes, des écoles, des structures familiales et de l’économie traditionnelle. La population est déplacée de force vers les campagnes et regroupée dans des unités de travail agricoles, dans des conditions extrêmement difficiles.
Cette période entraîne la mort d’environ 2 millions de personnes, soit 20 à 30% de la population cambodgienne de l’époque. Les victimes sont issues de toutes les générations : enfants, parents, grands-parents, familles entières sont touchés. De nombreux survivants ont perdu plusieurs membres de leur famille et ont dû fuir le pays dans les années qui ont suivi. Cette histoire s’inscrit aujourd’hui dans une mémoire portée aussi par une importante diaspora cambodgienne installée en France, aux États-Unis, au Canada, en Australie et dans d’autres pays.

Photos des victimes du génocide des Khmers rouges - Source : L'express
Un devoir de mémoire pour les générations actuelles
En 2026, 51 ans après la prise de Phnom Penh, le travail de mémoire reste central. Il s’appuie sur les témoignages des survivants, les récits familiaux transmis entre générations, ainsi que sur la préservation des archives et des lieux de mémoire.
Se souvenir de cette période permet de reconnaître les victimes, les souffrances des survivants et les parcours des familles touchées. Ce travail de transmission concerne également les générations nées après les événements, afin de maintenir un lien avec cette histoire et d’en préserver la compréhension.

Camps de réfugiés au Cambodge - Source : TV5MONDE Info
Commémorer et transmettre grâce à MVGKR
Ce devoir de mémoire se poursuit à travers différentes initiatives, notamment au sein de la diaspora cambodgienne. Parmi elles, l’association MVGKR (Mémorial des Victimes du Génocide commis par les Khmers rouges), fondée en 1994, par Chal OU et Sokhon OU, et transmise maintenant à leur fils Chal-Michel OU, organise chaque année une journée de mémoire à la Grande pagode de Vincennes.
Cette année, cette journée de commémoration se tiendra ce dimanche 19 avril 2026, de 9h à 19h30 et rassemblera familles, proches et visiteurs autour de cérémonies, de moments de recueillement et d’échanges.
Commémoration des victimes du génocide commis par les Khmers rouges - Source : MVGKR
Participer à cette journée, c’est à la fois honorer la mémoire des victimes, rendre hommage aux survivants mais également prendre part à la transmission de cette histoire et à la préservation d’une mémoire collective.
Pour en savoir plus sur MVGKR : https://www.mvgkr.org/





