Au Cambodge, le nouvel an, appelé Chaul Chnam Thmey, est la fête la plus importante de l’année. Célébré à la mi-avril selon le calendrier luni-solaire bouddhiste, il suit les cycles de la lune, des saisons et s’étend sur trois jours de célébration. En 2026, le pays entre d’ailleurs dans l’année 2570, placée sous le signe du cheval. Ce passage d’une année à l’autre ne se vit pas simplement comme une date, mais comme une véritable transition, profondément ancrée dans les traditions.

Nouvel an bouddhiste - Source : Realistic Asia
Un même nouvel an dans plusieurs pays
Derrière cette fête emblématique se trouve une tradition plus large, partagée par plusieurs pays d’Asie du Sud et du Sud-Est comme le Cambodge, le Laos, la Thaïlande, le Sri Lanka et le Myanmar. Issu du bouddhisme Theravāda, ce nouvel an est également célébré à travers le monde par les multiples diasporas en France, au Canada, aux États-Unis ou encore en Australie qui continuent de perpétuer ces traditions et maintenir un lien fort avec leurs origines.

Sabay Festival 2023 en France pour fêter le nouvel an - Source : Sabay Sabay
Les festivités du nouvel an Theravāda rythmées en trois temps
Jour 1 – Moha Sangkranta (មហាសង្រ្កាន្ត) – Le passage vers la nouvelle année
Le premier jour marque le début officiel de la nouvelle année et ouvre les célébrations. Selon la tradition, un Tevada, une figure céleste protectrice, descend sur Terre pour veiller sur l’année à venir. Dans les foyers, ce moment est ainsi préparé avec soin : les familles cuisinent des plats traditionnels, souvent à base de riz et de noix de coco, qu’elles offrent ensuite comme symbole de bienvenue pour accueillir le Tevada et la nouvelle année. En parallèle, elles se rendent dans les pagodes pour prier, faire des offrandes et recevoir des bénédictions, ce qui donne à cette journée une ambiance à la fois calme, importante et pleine d’espoir.

Chaul Chnam Thmey au Cambodge - Source : Asia King Travel
Jour 2 – Vireak Wanabat (វ័នបត) – Le temps du partage et de la générosité
Le deuxième jour continue naturellement les célébrations, avec une attention particulière portée aux autres. Les familles multiplient les gestes de générosité, que ce soit à travers des offrandes aux moines, des moments passés avec les proches ou de l’aide apportée aux démunis et aux personnes dans le besoin. Les pagodes restent au cœur de cette journée, où les fidèles viennent prier et accomplir des rituels symboliques, comme la construction de petits monticules de sable, associés à des souhaits de bonheur et de prospérité. Par la suite, les célébrations prennent une autre dimension : la fête prend plus de place, la musique s’installe, les jeux apparaissent et les moments partagés deviennent plus nombreux.

Pagode avec guirlandes colorées, fleurs et autres décorations - Source : Borei Angkor
Jour 3 – Vireak Laeung Saka (ថ្ងៃឡើងស័ក) – Un nouveau départ :
entre renouveau et purification
Ce troisième jour marque l’entrée complète dans la nouvelle année et s’accompagne de rituels de purification. Les statues de Bouddha sont lavées à l’eau avec soin, un geste symbolique destiné à effacer les erreurs passées et à recevoir des bénédictions. En même temps, l’ambiance devient très festive : dans les rues, l’eau est partout, les gens rient, jouent et s’aspergent dans une atmosphère joyeuse. Cette omniprésence de l’eau symbolise la purification et le départ sur de nouvelles bases pour la nouvelle année.

Batailles d'eau dans les rues - Source : The Better Cambodia
À travers ces trois jours, le nouvel an Theravāda est un moment symbolique, où le temps semble ralentir pour laisser place aux gestes simples, aux retrouvailles et aux traditions partagées. À ce moment, chacun avance à son rythme vers une nouvelle année, porté par l’idée de renouveau et par ce lien profond qui unit les générations.




